VERJUX, un village bourguignon du val de Saône.

 

D’après  des fouilles archéologiques réalisées sur la commune, des traces d’occupations humaines s’étendant depuis le bronze final (1er millénaire avant JC) jusqu’à l’époque gallo-romaine ont été découvertes. De tous temps, les hommes ont bâti  au bord du lit des rivières, cherchant la proximité de l’eau tout en construisant des édifices pour se protéger des inondations (barrages, pilotis, digues…).

C’est dans cette configuration que Verjux est né. Après l’abandon de plusieurs sites habités à l’époque gallo-romaine, la concentration de l’habitat s’est faite dans les contours actuels du Verjux contemporain .En 1988, un trésor fut découvert  au lieu dit  la Vévrotte  (le long de la route de Damerey, avant le pont de la Côsne) il s’agissait de 570 pièces de monnaie datant du 3eme siècle après JC.

Verjux, à l’origine VERGIALUM qui signifie la clairière des saules, a connu différentes  évolutions de sa population. Egale aujourd’hui à un peu plus de 500 habitants, elle comptait au sortir de la révolution française 663 personnes vivant au village. Cette population n’a fait que croître jusqu’au milieu du 19eme siècle pour atteindre 1021 habitants, puis la courbe s’est inversée et c’est en 1975 qu’on trouve le creux de la vague avec un recensement à 451 individus.

Souvent les gens de Verjux, par bonheur ou par malheur, firent la une des journaux. Il y a tant d’histoires à raconter sur notre village, qu’il faudrait un livre pour tout dévoiler. Comme ce jour de Pentecôte, le 6 juillet 1783, où la terre s’est mise à trembler, les paroissiens réunis à l’église pour la messe, pris de panique, prirent la fuite  abandonnant l’office. Ou bien encore en ce jour de l’année 1905 où l’on fit la fête dans les rues du village en l’honneur d’Augustin FARION, centenaire, et de sa femme Anne GAUDILLOT. 

Et que dire de la petite Marguerite GUERIN, née d’une mère célibataire, gardant les oies le long de la Saône dont la vie allait se transformer en conte de fée. Montant à Paris comme lavandière, elle rencontra Aristide BOUCICAUT et ensemble, ils  inventèrent les grands magasins en créant le Bon Marché mais ils inventèrent aussi les mesures sociales au sein de leur entreprise.

Mme BOUCICAUT, tout au long de sa vie, fit acte de bienfaisance .Elle fit bâtir une mairie et des écoles à Verjux, à la fin du 19eme siècle. Une des écoles fut désaffectée au milieu des années 70, puis transformée en salle des fêtes. Elle fit aussi construire un magnifique pont en pierre sur la Saône entre Verjux et Gergy, pont qui servit de poste frontière entre la zone libre et la zone occupée durant la dernière guerre mondiale. Malheureusement, ce remarquable édifice fut bombardé et entièrement détruit à la fin du conflit. 

 

Verjux resta donc sans pont jusqu’en 1957 où l’on fit construire une passerelle  provisoire, qui au fil des années tend à devenir éternelle. Cette décision fut prise suite à la crue de janvier 1955 où la rupture d’une digue provoqua l’inondation du village entraînant de gros dégâts matériels mais heureusement, aucune victime ne fut à déplorer.

Le cimetière, qui entourait l’église jusqu’en 1905, fut déplacé pour son site actuel le long de la route de Verdun. L’église, construite sur le point le plus haut du village, comprend une grande nef, le clocher situé au dessus du cœur et deux chapelles latérales dont une fut construite sur l’ordre de deux notables de Verjux, Benoit Richard et Jeanne de Serme en l’an 1682. 

L’histoire de Verjux continue de s’écrire avec la création d’un city-stade, de l’aménagement du centre bourg réalisés grâce au revenu généré par une ouverture de carrière d’extraction de sable alluvionnaire sur la commune. Demain, d’autres réalisations viendront alimenter cette chronique dans un village toujours en mouvement où le vivre ensemble n’est pas qu’une expression, la commune ne comptant pas moins de sept associations très dynamiques.